22 septembre 2009

SUITE ET FIN DU FEUILLETON

ACTE 3

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LE RITE

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Mon lizard saute sur le canapé et semble s’y glisser comme une plume des plus fines. Mon lizard s’enfonce dans les plis du cuir noir jusqu’à s’y enfouir totalement, je pourrais l’avoir perdu et ne point le retrouver, je pourrais pleurer des heures sa terrible perte, puis redresse un petit bout de sa queue verte ou fait sortir sa tête frétillante des contours du coussin en mousse. Mon lizard s’inquiète et s’agite si son jeu semble baisser en intensité, si son imagination complexe perd en nuance ou en agilité. Mon lizard, il faut le dire, est le meilleur des lizards. Il passe ses journées à exécuter des figures et produire des sauts d’une incroyable ingéniosité, à tel point que l’on se demande qui il cherche tant à épater. Est-ce moi, son admiratrice et sa maîtresse, pour tout dire son unique public ? Est-ce lui, l’artiste au faciès et à la psychologie d’animal ? Le vertige est parfois si grand et cet enchainement gymnastique au final si épuisant, que nous buvons de l’eau gazeuse et partageons des brins de gingembre piquant et recouvert de sucre, et parfois je le plonge à mi-corps dans une coupe de vin pétillant, afin non seulement de l’engourdir quelques instants mais également de l’enivrer d’une façon originale. Mon lizard a les yeux qui brillent puis restent fixes sous l’action de l’alcool et émet un léger frétillement de tout son corps si bien qu’il semble éprouver au contact de la boisson sur son organisme ainsi qu’à la surface externe de ses tissus une jouissance parfaite, une osmose profonde. Nous passons nos après-midi à jouer et regarder la mise en acte de notre naïve innocence, fière concupiscence ou malice. Pas une ombre ni un nuage d’angoisse ne viennent dissiper la fraîcheur de nos actes et nos gestes, ne viennent se poser, détestables, sur cette scène où nous sommes tous à la fois sujets ravis de notre bonheur et conquérants de notre pouvoir simple, modestes figurants du temps qui passe et nous accorde cette faveur. Pas une pointe d’ennui, de lassitude, de torpeur ou de dépression ne vient briser l’équilibre de notre entente si chanceuse et murmurer dans cet équilibre fragile des voix qui font mal à entendre. Le calme et la volupté règnent à l’intérieur quand au dehors la stupeur se fait grandissante, la bêtise sauvage et opaque, nourrie depuis le plus tendre berceau à l’intolérance, la méchanceté qui n’a pas de visage, la maladie cruelle ainsi que l’horreur gagnent insidieusement du terrain jusqu’à frapper vos cœurs sinon vos portes.

                                           

                                                                                         Aurore Val

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avec toute ma tendresse

   

alice_in_wonderlands_2alice_in_wonderlands_4alice_in_wonderlands_2alice_in_wonderlands_2  this is a PORTRAIT oF ALICE in Wonderlands

                               

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Posté par french lizard à 20:59 - - Commentaires [0]


21 septembre 2009

COMME PREVU (LA SUITE)

lezard_emeraude_gisele_buffet

ACTE 2

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dit LA Dévotion

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Quand j’ai eu mon beau lizard tout à moi, je ne savais plus vraiment quoi en faire. J’avais beau le regarder comme auparavant, ce n’était plus la même impression de bonheur qui s’en dégageait. Mon lizard me regardait de son œil noir et brillant, de son œil inquiet, ce regard de pierre d’onyx espiègle qui autrefois m’aurait fait trembler de la tête aux pieds, mais je restais attentive et indifférente, presque triste, tant est si bien que mon cœur, dans ma poitrine, ne battait plus. Mon lizard était devenu un simple lézard de compagnie. Mon lizard était un bel objet en laisse, une œuvre d’art sans grande valeur hormis la patience et les efforts qu’il m’avait fallu déployer pour l’obtenir. Mon lizard semblait chagriné dans son coin de ce que les joies des premières heures passées ensemble à le distraire, le contempler et admirer ses moindres tours, ses moindres aspects, ses facéties étaient sinon du passé, du pâle souvenir, du moins en grande partie révolues. Mon lizard devenait fade à mesure que son éclat intérieur, la façon dont je l’aimais, avait terni. Je décidais de rendre alors à mon lizard sa liberté. Je décidais de briser la laisse du lizard, la chaine en or au prix inestimable, elle était faite d’une centaine de carats et d’une rangée de diamants tous plus blancs les uns que les autres, qui le liait à moi. Armée d’une pince de jardinier puis d’un outil contondant, j’écrasais avec minutie et calme les maillons du précieux métal pour que la chaine dorée du lizard se répande en morceaux aussi légers sur le sol que des pièces de monnaie. Le lizard eut une goutte d’eau humide dans la cornée molle de l’œil qui glissa subrepticement sur sa peau verte et luisante. Je lui répondis d’un regard bas et également embué, d’un regard clair que la douleur rend sage, tandis que mes doigts parcouraient une dernière fois son magnifique dos imberbe fait comme de muscle et de cartilage, ses pattes aussi fines que des anneaux. Ce fut notre dernier échange, notre dernière œillade franche, puis il courut contre le mur, enjamba le pot de géranium, et disparut dans un trou de la taille d’une souris. Notre amour avait triomphé de l’ennui. Notre amour redevenait aussi intact que lorsque je regardais ses congénères couchés sur la roche dure et brillante, et que je me perdais en rêveries muettes, douces, qui ne rencontraient aucun obstacle ni vraiment d’objet. Notre amour était redevenu aussi pur et limpide, quasi puéril, vide de préjugés, d’amertume, d’arrière-pensées saumâtres, de visions mortes que le vent chaud et lourd, insipide et brûlant, qui pousse le sable et répand le souffle suave de l’été au plus profond du Sahara.

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illustration_de_gisele_buffet       Aurore Val

LA SUITE ET FIN DEMAIN !!!!

gisele_buffet_2

La mise en page ci-contre est un léger hommage à Emeraude Le Lézard (illustrations de Gisèle Buffet) paru dans la collection ROUGE & BLEU en 1975

Posté par french lizard à 19:27 - - Commentaires [0]
20 septembre 2009

PRENDS DU BON TEMPS

Cher ami lecteur,

Tu vas être gâté :

Nous débutons cette semaine 

par

       Lizard ou poésie d’art bizarre   par Aurore Val

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Acte 1

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J’ai toujours rêvé de caresser un lézard. En rêve, leur peau me faisait tant d’effet, elle était si fine et douce que je me réveillais chaque nuit, en sueur. Dans la vie et les moindres instants de chaque jour, mon obsession de ces étranges bêtes était telle que je ne pouvais m’empêcher de les suivre des yeux,  les guetter par les rideaux transparents de la fenêtre ou les observer en train de luire sagement au soleil. Ils étaient tantôt verts, mouchetés de beige ou d’une robe marron, brun acajou parcourue de taches aussi sombres et noires que des marques violentes de brûlure ou de grillade. Au moindre bruit, au moindre faux pas, ils devenaient tout à coup vifs et nerveux, des petits points fuyants et disparaissant à tout jamais de la vue hors des grandes façades blanches ensoleillées. Je tentais de les apprivoiser et pour cela, leur inventais un nom tendre, un nom bizarre, un nom connu de moi-seule : lizard. Oh, lizard, mon beau lizard…

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chin_clementine_feuillet

LA LECTURE FRACTIONNée

est un plaisir fétichisé à l'extrême

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LA SUITE DEMAIN

book

FRENCH LOVE                         

100% JUS D'ARTISTE

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J'ai presque envie de vous dire de JETER VOTRE TELE par la fenêtre ou vous conseiller d'en faire CADEAU à votre chien !

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PRENDS DU BON TEMPS !

FEUILLETON en trois parties comme à l'époque des feuilletons littéraires  dans les journaux!!!

avec la parution d'une nouvelle inédite à caractère humoristique (ou érotique) d'Aurore Val, écrite tout spécialement à notre intention (ainsi qu'à la votre).

Posté par french lizard à 19:32 - - Commentaires [0]


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