INFORMES D'HIVER
french lizard attitude
CHRONIQUE DES TEMPS MODERNES / N° SPECIAL
Je me rappelais qu’il y a vingt ans, à l’époque de mon adolescence, nous pouvions aller au cinéma car le cinéma coûtait entre 18 et 25 francs selon les cinémas. Les livres, c’est la même chose, ils portaient souvent une étiquette de 3 francs. Il y en avait chez moi et aussi des beaux, plus chers : ma mère avait des livres avec de grandes reproductions (je pense aux éditions obliques) pour seulement 150 francs. C’est le prix d’ailleurs de la magnifique monographie sur Balthus qui trônait dans le séjour. Le salaire de ma mère était très bas, d’autant que mon beau-père, pris de ferveur littéraire, ne travaillait pas. Nous avions à cette époque 2200 francs de loyer pour une maison spacieuse de centre ville. Ma mère s’étranglerait d’indignation et de colère quelques années plus tard quand il lui faudrait déménager dans un quartier résidentiel et sortir désormais 2800 francs pour l’occupation tranquille d’une villa de 4 chambres avec jardin. Je ne connais personne qui ait ce type de loyer aujourd’hui en ville pour habiter des appartements plus ou moins confortables, plus ou moins vétustes, plus ou moins décents, plus ou moins calmes. J’ajoute que le salaire de ma mère, à quelque chose près, est resté identique aujourd’hui à ce qu’il était il y a vingt ans. On dit qu’il n’y a pas de lien entre l’indifférence pour la culture et le coût des choses dites culturelles. J’ai passé la plus grande partie de mes journées en bibliothèque autrement je n’aurais jamais pu lire autant mais je pense qu’aujourd’hui, dans l’état actuel des choses, il n’y aurait pas de livres intéressant chez moi, de beaux livres, de livres d’art qui soient vraiment de l’art, encore moins des sorties au cinéma.
Agathe Volères, décembre 2009
Notre force, disait ma mère c’est que nous n’avions pas la télé. La télé, je ne l’ai toujours pas. Ma mère, non plus. Je connais encore quelques personnes qui sont comme moi, sans télé, et qui s’en portent très bien. J’espère que la génération qui vient, grâce à internet, saura se défaire de la télé au sens où elle ne pourra pas invoquer comme bon nombre d’esprits pétris de mauvaise foi : mais comment vous faites pour les Actualités ? Car c’est rare qu’on vous dise : mais comment vous faites pour regarder les cendres de l’amour ou Plus moche Existenz ? Comment vous faites ? C’est-à dire encore : Mais, qu’est-ce que vous faites ? Sous-entendu : Comment, vous ne vous ennuyez pas ? Il est bien vrai que la télé divertit ou qu’elle est censée distraire; et à les voir, le lendemain, ils ont l’air si joyeux, terriblement joyeux.
Aurore Val, décembre 2009
A quoi reconnaît-on en France quelqu'un qui possède la télé de quelqu'un, fait devenu extrêmement rare, qui ne la regarde pas? Ceux qui l’ont, ils disent beaucoup noirs arabes casseurs ils disent noirs arabes casseurs à toutes les sauces puis noirs arabes chômage pas des gens comme nous noirs arabes ils sont pas polis si tu savais noirs arabes je te le dis à toi mais on peut pas accueillir tout ça noirs arabes et maintenant les chinois comment on va faire noirs arabes t’as vu toutes ces femmes qui portent le voile noir arabes ils font exprès noirs arabes ils savent pas parler noirs arabes c’est des français qui sont pas français noirs arabes ils nous font chier noir arabe ils sont pas de notre culture noirs arabes maintenant y’en a plein la rue noir arabe et même à la télé noir arabe c’est ça le problème noir arabe nwar arabb nuoir arrab céplu lafranse c éplu chénous céplu déjoli cuple cépluk des traficants dé mafia di drogués di jobar di vicieu cépluk ça tavu comment ils parlent t’as vu comment ils veulent not’po
Joseph Hannibal, décembre 2009
By french lizard attitude
coloniser Mars ?
Reusement kona la télé alla place de Diyeu pour nous protéger de touce tsunami de misère et putain de réel qui sabat surnou…
MY FAMILY MY FRIENDS MY SOUL
MY FLESH MY BLOOD MY GOD
O MY INSANE CULTURE








